I - Conjoncture 2017

II - Economie française

III - Contexte international

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I - Conjoncture Janvier 2017

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1.1 - Principaux indicateurs

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IFM - Habillement textiles - consommation en valeur

2017 ... 2016 ... 2015
Janvier -6,5 % +1,3 %
Décembre +1,6 % -2,7 %

Tendance année 2016 : l'effet positif d'une légère reprise économique a été entièrement annulé par les attentats terroristes, les grèves et un effet météo négatif.

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1.2 - Consommation des ménages textile-cuir (Insee)

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Consommation en volume

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Source INSEE - 29 Novembre 2016 - prochaine parution 29 Décembre 2016 

Données cvs-cjo (niveau : millions d'euros aux prix de l'année précédente chaînés)

Textile cuir - cvs cjo

Trimestres T / T-4
2015 T1 0,3 %
2015 T2 1,2 %
2015 T3 2,6 % Septembre 2014 faible
2015 T4 -0,9 % Attentats de Paris
2016 T1 -0,7 %

Hivers doux. Baisse du tourisme

2016 T2 -1,0 % Printemps pluvieux. Conflits sociaux
2016 T3 -2,5 % Attentats de Nice. Conflits sociaux. Baisse du tourisme.
2016 T4 p +1,5 % Attentats 2015
Années A / A-1
2013 -0,6 %
2014 0,5 %
2015 0,8 %
2016 p -0,7 %

 

 

Indice des prix habillement chaussures

Après la déflation de 2015, les prix de l'habillement chaussures cessent de baisser depuis Février 2016.

 

Indices mensuels - INSEE 11/08/2016

Indice des prix à la consommation - Secteurs conjoncturels (mensuel, ensemble des ménages, métropole, base 2015) - Produits manufacturés : Habillement et chaussures
M / M-12
2014 1 88,82 -4,0 %
2014 2 94,63 2, 6%
2014 3 104,43 0,6 %
2014 4 104,98 0,6 %
2014 5 105,11 0,2 %
2014 6 103,48 -1,5 %
2014 7 89,24 -1,8 %
2014 8 98,95 1,6 %
2014 9 105,24 0,6 %
2014 10 105,18 0,3 %
2014 11 105,07 0,3 %
2014 12 105,67 0,3 %
2015 1 87,96 -1,0 %
2015 2 92,11 -2,7 %
2015 3 103,98 -0,4 %
2015 4 104,49 -0,5 %
2015 5 105,18 0,1 %
2015 6 102,97 -0,5 %
2015 7 87,75 -1,7 %
2015 8 96,62 -2,4 %
2015 9 104,31 -0,9 %
2015 10 104,54 -0,6 %
2015 11 104,62 -0,4 %
2015 12 105,46 -0,2 %
2016 1 87,46 -0,6 %
2016 2 92.87 0,8 %
2016 3 104,26 0,3 %
2016 4 104,46 0,0 %
2016 5 105,36 0,2 %
2016 6 103,50 0,5 %
2016 7 83,37 0,7 %
2016 8 96,32 -0,3 %
2016 9 104,28 0,0 %
2016 10 104,84 0,3 %

 

Indices annuels - INSEE 18/02/2016

Libellé Indice des prix à la consommation - Secteurs conjoncturels (annuel, ensemble des ménages, métropole, base 2015) - Produits manufacturés : Habillement et chaussures
IdBank 001765604
Année
2003 94,60
2004 94,80
2005 95,00
2006 95,09
2007 95,69
2008 96,25
2009 97,19
2010 97,61
2011 97,65
2012 99,96
2013 100,91 +0,95 %
2014 100,90 -0,01 %
2015 100,00 -0,89 %
2016p 100,20 +0,20 %

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Le marché sera en baisse en 2016

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Avec les mauvais résultats des 3 premiers trimestres, le marché ne pourra que terminer en baisse en 2016, avec dans le meilleur des cas une baisse en valeur de -0,5 %

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1.3 - Consommation textile habillement (Banque de France)

Source Banque de France

Indice de consommation en volume,  CVS-CJO, base 100 = 2010

 2016    2015     tx crois.
Janvier      87,0   87,8   -0,9 %
Février   86,1   91,1   -5,5 %
Mars 86,1 87,5 -1,6 %
Avril 84,4 88,8 -5,0 %
Mai 87,0 87,9 -1,0 %
Juin 88,5 88,8 0,0 %
Juillet 83,8 89,6 -5,9 %
Août 85,1 90,9 -6,4 %
Septembre 83,3 92,5 -9,9 %
Octobre 86,9 88,9 -2,2 %

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1.4 - Consommation chaussures (Banque de France)

Indice de consommation en volume, CVS-CJO, base 100 - 2010

 2016      2015     tx crois.
Janvier    88,9   89,7     -0,9 %
Février  88,3   90,4     -2,3 %
Mars 82,1 91,8 -10,6 %
Avril 82,5 95,3 -13,4 %
Mai 90,8 89,5 +1,4 %
Juin 88,8 91,8 -3,4 %
Juillet 87,9 88,8 -2,4 %
Août 89,3 91,3 -2,2 %
Septembre 81,1 88,8 -8,7 %
Octobre 89,1 86,2 +3,4 %

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1.4 - Facteurs de croissance du marché textile-cuir

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L'évolution conjoncturelle du marché textile-cuir dépend de 4 facteurs explicatifs :

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Revenu des ménages

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Source INSEE 25 Juin 2016 - Prochaine mise à jour 25 Septembre 2016

Revenu disponible brut des ménages (y compris les entreprises individuelles) - Valeur aux prix courants - Série CVS-CJO

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La faillite de Lehman Brothers le 15 Septembre 2008 déclenche la crise financière la plus grave depuis 1929.

En 2009, la crise se traduit par une stagnation des revenus des ménages.

En 2010 et 2011, l'économie mondiale se remet de la crise financière. Les ménages français retrouvent du pouvoir d'achat.

En 2012 et 2013, alors que l'économie mondiale consolide la reprise économique, la zone €uro retombe dans la dépression avec la crise des dettes souveraines. L'Union Européenne se fracture entre une Europe germanique et scandinave, qui renoue rapidement avec la croissance, et une Europe méditerranéenne qui s'enfonce dans la crise. Fautes de réformes, la France décroche de son partenaire allemand.

En 2014 et 2015, l'économie française bénéficie d'un environnement économique favorable :

En 2016, les blocages de la société française et la répétition des attentats terroristes cassent la reprise.

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Choix entre épargne et consommation

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La crise financière de 2008 a été très brutale. En l'absence de hausse de leurs revenus en 2009, les ménages ont réduit leur consommation de 15 MD € pour épargner.

En 2010 et 2011, les revenus augmentant de nouveau, les ménages ont cessé d'épargner pour consommer.

En 2012 et 2013, le choc fiscal pour réduire les déficits se cumule aux effets dépressifs de la crise de la zone €uro. Confrontés à une nouvelle stagnation de leurs revenus, les ménages auraient du se remettre à épargner comme ils l'avaient fait en 2009. Mais le changement de gouvernement en 2012 se fait sur la promesse de la fin de la "rigueur". Confiant d'un retour à la générosité de l'Etat providence, les ménages puisent dans leur épargne pour consommer.

En 2014, la nomination d'un nouveau gouvernement décidé à mettre fin aux fausses promesses et à engager de véritables réformes ramène les ménages à la dure réalité d'un monde dans lequel l'économie française décroche. Après avoir puisé deux années de suite dans leur épargne, les ménages prennent conscience qu'ils sont entrés dans une longue période de stagnation de leurs revenus. Ils doivent reconstituer leur épargne en 2014, 2015 et 2016.

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Echec de la reprise de la consommation en 2016

En 2014 et 2015, les ménages ont restreint leur consommation pour épargner. Cet effort d'épargne a encore été amplifié suite aux attentats de Paris le 13 Novembre 2015. Au dernier trimestre 2015 la consommation diminue, comme cela avait été le cas en 2009 au paroxysme de la crise financière.

Au premier trimestre 2016, l'économie française était sur le point de redémarrer : la forte reprise de la consommation des ménages était alimentée par la hausse de leurs revenus et une baisse de l'épargne de 1 MD €, signe d'un retour à la confiance.

Mais dès le second trimestre, les manifestations contre la loi El Khomri ont cassé cette dynamique de reprise. Les entreprises comprenant que la réforme du marché du travail ne se fera pas stoppent la reprise en cours des recrutements et les revenus des ménages stagnent.

L'attentat de Nice le 14 Juillet achève tout espoir de reprise : le pouvoir d'achat stagne et les ménages réduisent leur consommation pour épargner, comme lors des attentats de Paris au dernier trimestre 2015.

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Juin 2016 : la CGT a cassé la baisse du chômage.

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Source Pôle Emploi

http://stmt.pole-emploi.org/publication

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La crise financière de 2008

La crise financière de 2008 a été la plus grave depuis 1929. Mieux gérée qu'avant guerre, la crise financière de 2008 a duré deux ans.

La crise de l'€uro

Alors que le reste du monde retrouvait le chemin de la croissance, les pays de la zone €uro ont connu une crise des dettes souveraines des pays méditerranéens (Grèce, Portugal, Espagne, Italie) et de l'Irlande.

La crise de la zone €uro aura duré plus de deux ans, sans pour autant être totalement résolue.

Dépression française en 2014 et 2015

Alors que la zone économique de l'Allemagne (pays germaniques, Scandinavie, pays émergents d'Europe de l'Est) retrouve tout son dynamisme et sa puissance, que l'Irlande rebondit de façon spectaculaire, que l'Espagne retrouve le chemin de la croissance, que l'Italie et le Portugal sortent de convalescence, la France reste avec la Grèce le dernier pays européen incapable de mettre en oeuvre les réformes nécessaires pour s'adapter aux réalités du monde du XXIème siècle.

Après deux années perdues, un nouveau gouvernement est nommé le 31 Mars 2014, pour relancer la politique de réformes suspendue depuis Mai 2012.

Mais les timides tentatives de réformes pour redonner sa compétitivité à l'économie française sont vidées de leur substance par l'alliance des élus de la droite étatiste avec la gauche archaïque, unis par une opposition systématique, les syndicats (à l'exception de la CFDT) et la majorité des journalistes (à l'exception des journalistes spécialisés en économie).

Les ménages ont pris conscience du décrochage économique de la France, ce qui les rend inquiet pour leur avenir. Crispés sur leurs avantages acquis, ils restent opposés aux réformes nécessaires pour sauver le modèle social le plus généreux au monde (15 % des dépenses sociales de la planète pour moins de 1 % de la population mondiale).

Mars-Mai 2016 : premier vrai recul du chômage depuis 2008

En Mars 2016, le nombre de chômeurs baisse de -60.000 par rapport à Février et de -50.000 par rapport à Décembre 2015.

C'est le premier vrai recul du chômage depuis le déclenchement de la crise en 2008.

Ce recul du chômage est confirmé en Avril et Mai. Même si au mois de mai le nombre de chômeurs est en hausse de 9.200 personnes d'un mois sur l'autre, il est en net recul de -70.700 personnes sur les 3 derniers mois.

Juin 2016 : La CGT a cassé la reprise de l'emploi

En Juin 2016 le nombre de chômeurs est en hausse de 5.400 personnes. La baisse par rapport aux 3 dernières mois se réduit à 5.300 personnes.

Le choc de l'attentat de Nice le 14 Juillet se traduit par une hausse de 36.500 chômeurs en Août 2016.

Le nombre de chômeurs baisse légèrement en Septembre (-35.000) et Octobre (-28.000), mais 2 à 3 fois moins vite que ce qu'aurait pu produire une réelle reprise de l'activité sans les blocages sociaux et les attentats de 2016.

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II -  Economie française
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Depuis 2008, la France est entrée dans une longue période de stagnation économique, comme le Japon depuis le début des années 90.

source Perspective Monde

Ce qui va mieux

Les blocages qui persistent

En savoir plus sur les pays qui ont réformé.

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Baisse de la fréquentation touristique

Alors que la France perd son industrie, le tourisme est le dernier secteur permettant de créer un grand nombre d'emplois sur le territoire national et dégageant un fort excédent avec l'étranger.

De façon suicidaire, le pays s'acharne à détruire son attractivité touristique :

Dans un contexte sécuritaire, social et météorologique défavorable, la fréquentation touristique à Paris et en Ile-de-France a connu au premier semestre 2016 « une baisse sans précédent » depuis 2010, selon le Comité régional du tourisme (CRT).

Cette situation « entraîne des conséquences économiques inquiétantes » pour les professionnels du tourisme de la région, qui ont subi depuis janvier une perte de 749,7 millions d'euros de chiffre d'affaires, note le CRT, dans une étude présentée le mardi 22 Août 2016 à la presse.

Avec 14,9 millions d'arrivées hôtelières sur le premier semestre, la fréquentation touristique de Paris et de l'Ile-de-France est en recul de 6,4 % par rapport à un an plus tôt, du fait de la baisse conjointe des clientèles internationale (-9,9 %) et française (-3,5 %). Le nombre de nuitées recule, lui, de 8,5 %.

Au total, de janvier à fin juin, les hôteliers franciliens ont accueilli un million de touristes de moins qu'à la même période en 2015.

« L'activité touristique subit un contrecoup sévère dans un contexte peu favorable marqué par les attentats (Paris, Bruxelles, Nice...), les mouvements sociaux ainsi que les inondations. La tenue de l'Euro 2016 n'aura pas permis d'endiguer ce phénomène », souligne le CRT.

Le coeur de la région, Paris, a été davantage touché que la grande couronne, avec des nuitées en recul de 11,4 %, contre -4,4 % dans les autres départements franciliens.

La fréquentation des clientèles japonaise (-46,2 %), italienne (-27,7 %) et russe (-35 %) s'est effondrée, tandis que le nombre d'Américains et de Chinois, initialement peu affecté, clôture le semestre sur des reculs de 5,7 % et 19,6 %, entrant dans un « cycle inquiétant de baisse ».

Dans ce contexte, la fréquentation des principaux monuments franciliens chute fortement (-43,9 % au Grand Palais, -34,8 % à l'Arc de Triomphe, -16,3 % au château de Versailles).

Seul point positif: le tourisme d'affaires progresse, lui, de 14,4 points.

« Il est temps de prendre conscience de la catastrophe industrielle que le secteur du tourisme est en train de vivre. L'heure n'est plus aux campagnes de communication, mais bel et bien à la mise en place d'un plan Orsec », déclare Frédéric Valletoux, président du CRT, réclamant à Jean-Marc Ayrault « la tenue immédiate » d'une réunion avec les professionnels du tourisme franciliens.

Au cours de l'été, les tendances sont restées « les mêmes avec une fréquentation touristique en baisse », indique le CRT, sans fournir de chiffres.

Les professionnels se veulent néanmoins optimistes, selon le comité : à moyen terme, 64 % tablent sur une amélioration. Pour septembre, 38 % jugent « bon » voire « très bon » l'état des réservations, 43 % l'estiment « moyen » et 19 % « mauvais » ou « très mauvais ». source fashionnetwrok.com

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III - Contexte international

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3.1 - La destruction de Daech ramènera la menace terroriste à son niveau d'avant 2012

Les attaques terroristes en France son concomitantes de la création de l'Etat Islamique.

En s'emparant d'importantes ressources militaires et financières, Daech a pu organiser et financer des attentats partout dans le monde et mobiliser des fanatiques par sa propagande sur les réseaux sociaux. Cette force mobilisatrice a été démultipliée par le mythe du Califat, qui allait de victoires en victoires de 2012 à 2015.

La destruction de Daech ne va pas faire disparaître le terrorisme dans le monde, mais il va le ramener à son niveau d'avant 2012, lorsqu'il ne pouvait pas encore s'appuyer sur un quasi-Etat terroriste doté d'importants moyens militaires et financiers, dont la propagande pouvait galvaniser les pulsions les plus criminelles dans le monde entier.

Pour en savoir plus

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3.2 - Europe


A l'exception de la France, l'Europe poursuit sa consolidation économique.

Même si la construction politique européenne marque un recul, les fortes tensions de l'été 2016 commencent à s'atténuer :

Du seul point de vue économique, l'Europe bénéficie d'un environnement exceptionnellement favorable :

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3.3 - USA

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L'économie américaine est quasiment au niveau du plein emploi. Comme en Europe les faiblesses du pays sont avant tout politiques, avec des élites politiques submergées par le discours populiste de Donald Trump qui a conduit à sa réélection.

Selon Laurent Berredi, Président de Global Macro Finance, 3 bulles devraient éclater après l'élection présidentielle américaine (L'Expansion - Novembre 2016) :

En maintenant des taux d'intérêts trop bas en 2014-2015, la FED a perdu le contrôle de sa politique monétaire :

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3.4 - Chine

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Après 35 ans de croissance économique qui en a fait la deuxième puissance mondiale, la Chine doit gérer le ralentissement de son économie et multiplie les tensions militaires dans les îles Spratley avec le Japon, les Philippines et le Vietnam.

Baisse rapide de la population active en Chine depuis 2012

Depuis 2012, la population des 15-60 ans baisse en Chine de façon importante (-2,44 millions en 2013). Confrontée à une baisse de sa population active et une hausse rapide des salaires, la Chine perd progressivement son rôle d'atelier du monde pour l'industrie textile.

Relâchement des pressions déflationnistes sur le marché textile

Les entreprises délocalisent leurs usines vers le Vietnam, où elles retrouvent la même culture du travail qu'en Chine mais avec des salaires plus faibles.

Le Vietnam est beaucoup plus petit que la Chine et connaît lui aussi un rapide développement. Il ne pourra donc se substituer à la Chine que de façon marginale et temporaire.

L'Indonésie, le Bangladesh et l'Inde disposent d'immenses ressources de travail à faible coût. Mais les entreprises capables de fournir une qualité de production équivalente à celle des usines chinoises ou vietnamiennes restent encore l'exception.

A terme, les pressions déflationnistes devraient progressivement s'atténuer sur le marché du textile et de la chaussure.

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Le risque du ralentissement économique de la Chine

Entre début Juin et fin août 2015, la Bourse de Shanghai s'est effondrée de -38 %, faisant craindre un ralentissement brutal de l'économie chinoise, voire même une récession.

Depuis un an la situation s'est stabilisée et les autorités chinoises semblent maîtriser les forts déséquilibres de l'économie chinoise.

Mais le monde n'est pas à l'abri d'une nouvelle crise du deuxième marché et locomotive de l'économie mondiale, qui se propagerait rapidement à l'ensemble des autres pays, y compris la France.

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